Synthèse technique
Points clés :

L’article explique comment aborder l’automatisation de la production, depuis la sélection des processus jusqu’à l’analyse de faisabilité et à la collaboration avec l’intégrateur. Il souligne que la décision doit résulter d’une évaluation technique et économique rigoureuse.

  • L’automatisation doit accroître l’efficacité, réduire les coûts et améliorer la qualité, en particulier dans le contexte de l’Industrie 4.0.
  • On peut automatiser presque tous les domaines, mais l’évaluation de la rentabilité ainsi que le bilan des coûts et des bénéfices restent essentiels.
  • Domaines typiques : montage, contrôle qualité, transport et logistique, usinage, procédés chimiques, manutention des matériaux
  • Premières étapes : identification des processus à automatiser, évaluation de l’état actuel et des solutions techniques disponibles
  • Le lancement du projet nécessite une analyse de faisabilité, des hypothèses de conception et, souvent, l’appui d’un intégrateur ainsi que d’un bureau d’études.

L’automatisation des processus de production est l’un des piliers de l’industrie moderne. Elle vise à accroître l’efficacité, à réduire les coûts et à améliorer la qualité des produits. À l’ère de l’Industrie 4.0, elle devient indispensable pour les entreprises qui veulent rester compétitives sur le marché. Cet article a pour objectif de fournir un guide complet de l’automatisation des processus de production, en présentant les étapes clés, les défis et les meilleures pratiques dans ce domaine.

Introduction à l’automatisation des processus de production

L’automatisation des processus de production consiste à intégrer différents systèmes et technologies afin d’obtenir une production plus efficace et plus performante. Cela suppose de comprendre à la fois l’historique et les tendances actuelles de l’automatisation industrielle.

L’automatisation industrielle couvre un large éventail de technologies et de procédés qui permettent d’automatiser les opérations de production. Des lignes d’assemblage simples aux systèmes SCADA et à la programmation PLC, l’automatisation industrielle a fortement évolué au cours des dernières décennies, contribuant à l’émergence du concept d’Industrie 4.0.

Que peut-on automatiser ?

L’automatisation des processus de production est possible pratiquement partout et, en un mot, presque tout peut être automatisé. Cela ne signifie toutefois pas que ce soit toujours rentable. Même si les possibilités technologiques sont aujourd’hui très étendues, la décision d’automatiser un processus donné doit tenir compte à la fois des bénéfices potentiels et des coûts.

Notre tableau présente différents processus de production qui peuvent être automatisés. Les opérations d’assemblage peuvent inclure l’assemblage de composants simples, le soudage par résistance, le brasage ou encore l’alimentation automatique des pièces. Dans le domaine du contrôle qualité, l’automatisation peut couvrir l’inspection visuelle des surfaces, les mesures dimensionnelles, la vérification des étiquettes ainsi que les essais fonctionnels des produits.

Le transport et la logistique offrent eux aussi de nombreuses possibilités d’automatisation, comme le transport interne au moyen de convoyeurs à bande, l’emballage automatique, l’étiquetage, le tri et la gestion d’entrepôt. L’usinage mécanique peut inclure la découpe et le formage de tôles, le soudage, le meulage, le polissage, ainsi que des opérations plus complexes telles que le fraisage et le tournage.

Dans les procédés chimiques, l’automatisation peut être appliquée à la peinture, au laquage, à l’application de revêtements, au mélange ainsi qu’au dosage de substances chimiques. La manutention des matériaux peut être automatisée au moyen d’opérations de chargement et de déchargement, de palettisation, de dépalettisation, ainsi que par le dosage automatique des matériaux et leur transfert entre les postes.

Bien que la technologie permette d’automatiser presque tous les aspects de la production, il est essentiel d’évaluer la rentabilité de tels investissements. L’automatisation apporte des bénéfices en termes d’augmentation de la productivité, de réduction des coûts et d’amélioration de la qualité. Toutefois, les coûts de mise en œuvre, de maintenance et les complications technologiques potentielles doivent faire l’objet d’une analyse approfondie. En conséquence, toute décision d’automatisation devrait être précédée d’une analyse approfondie de la faisabilité ainsi que des coûts et des bénéfices.

Catégorie de processus Exemples de processus à automatiser
Opérations d’assemblage – Assemblage de composants simples
– Soudage par résistance et brasage
– Vissage
– Alimentation automatique des pièces
Contrôle qualité – Inspection visuelle des surfaces
– Mesure et contrôle dimensionnels
– Vérification des étiquettes et des codes-barres
– Essais fonctionnels
Transport et logistique – Transport interne (p. ex. convoyeurs à bande)
– Emballage et étiquetage automatiques
– Tri automatique
– Gestion d’entrepôt
Usinage mécanique – Découpe et formage de tôles
– Soudage
– Meulage et polissage
– Fraisage et tournage
Procédés chimiques – Peinture et laquage
– Application de revêtements
– Mélange et dosage
– Procédés réactionnels et synthèse
Manutention des matériaux – Chargement et déchargement
– Palettisation et dépalettisation
– Dosage automatique
– Transfert des matériaux entre les postes
Ce tableau illustre la diversité des processus de production pouvant être automatisés

Premières étapes de l’automatisation des processus de production

Pour lancer l’automatisation des processus de production, l’entreprise doit d’abord bien cerner ses besoins et ses objectifs. La première étape consiste à identifier les processus à automatiser. Il convient d’évaluer s’il existe déjà des solutions techniques pouvant accélérer le déploiement de l’automatisation, ainsi que de vérifier si le processus concerné est actuellement réalisé manuellement.

De nombreuses entreprises sont aujourd’hui confrontées au défi d’automatiser des processus qui, auparavant, étaient jugés trop coûteux à automatiser, en raison de la hausse des coûts de main-d’œuvre et du manque de personnel. Il convient également de souligner qu’il devient de plus en plus rentable d’automatiser même des processus complexes.

1. Automatisation des processus de production : analyse de faisabilité et définition des hypothèses du projet

Une fois les processus à automatiser identifiés, l’étape suivante consiste à définir les hypothèses du projet. L’analyse de faisabilité comprend l’évaluation des possibilités techniques d’automatisation ainsi que l’estimation du budget. La collaboration avec des entreprises externes, comme la nôtre, est particulièrement importante lorsque l’entreprise dispose de peu d’expérience en automatisation.

2. Le processus d’automatisation du point de vue d’un intégrateur en automatisation industrielle

L’intégrateur en automatisation industrielle joue un rôle clé dans le processus d’automatisation. Au début de la collaboration avec le client, il analyse les exigences de l’entreprise et aide à élaborer un plan d’automatisation détaillé. Un élément important de ce processus est la coopération avec le bureau d’études, chargé de la conception préliminaire ainsi que de la préparation de la documentation technique et des instructions d’utilisation.

3. Le processus d’automatisation du point de vue du client

Du point de vue du client, la préparation de l’entreprise à l’automatisation comprend plusieurs étapes clés. Il faut avant tout évaluer quels processus peuvent être automatisés et quels bénéfices cela apportera. Il convient ensuite de choisir le bon partenaire pour mener l’automatisation. L’externalisation d’ingénieurs peut constituer une solution efficace, en particulier pour les entreprises qui ne disposent pas de ressources internes suffisantes.

4. Automatisation des processus de production : construction d’un poste d’essai et tests du processus

Dans le cas de nouveaux processus, après l’élaboration des concepts préliminaires, il est pertinent de construire un poste d’essai et de réaliser des tests. Cela permet de vérifier les hypothèses et d’optimiser le processus avant d’investir dans la machine ou la solution finale.

5. Planification et phase d’avant-projet

L’élaboration de plans d’automatisation détaillés et la budgétisation sont des étapes clés de la phase d’avant-projet. Il est important de garantir la conformité avec les normes harmonisées ainsi qu’avec la Directive Machines 2006/42/CE. L’évaluation des risques selon NF EN ISO 12100 est un élément indispensable de ce processus, car elle permet d’identifier et d’évaluer les dangers potentiels.

Élaboration de plans d’automatisation détaillés

La première étape de la phase d’avant-projet consiste à élaborer des plans d’automatisation détaillés. Ce processus comprend plusieurs étapes clés :

  1. Définition des hypothèses du projet:
    • Identification des objectifs de l’automatisation : amélioration de la performance, réduction des coûts, augmentation de la qualité.
    • Définition du périmètre de l’automatisation : quels processus seront automatisés, quelles technologies seront utilisées.
    • Évaluation préliminaire des possibilités techniques : analyse des technologies disponibles et de leur application au regard des besoins spécifiques de l’entreprise.
  2. Analyse de faisabilité:
    • Évaluation technique : vérification de la faisabilité technique des solutions envisagées.
    • Évaluation économique : analyse des coûts et des économies potentielles que l’automatisation permettra de générer.
    • Évaluation opérationnelle : analyse de l’impact de l’automatisation sur les processus existants et sur les structures organisationnelles.
  3. Collaboration avec des entreprises externes:
    • Sélection des partenaires de coopération : sociétés d’ingénierie, fournisseurs de technologies, intégrateurs de systèmes.
    • Consultations techniques : collaboration avec des experts afin de définir les solutions optimales.
    • Élaboration des plans de projet préliminaires : préparation de la documentation de projet qui servira de base aux travaux ultérieurs.
Budgétisation

L’étape clé suivante est la budgétisation, qui comprend :

  1. Estimation des coûts:
    • Coûts des équipements : achat de machines, de robots et de systèmes de contrôle.
    • Coûts d’installation : coûts liés au montage et à l’intégration des systèmes.
    • Coûts d’exploitation : coûts de maintenance, d’énergie et de formation du personnel.
  2. Élaboration du budget du projet:
    • Établissement d’un budget détaillé intégrant l’ensemble des coûts directs et indirects.
    • Prévoir des réserves financières pour les dépenses imprévues.
    • Revue et validation du budget par la direction de l’entreprise.
Assurer la conformité aux normes et à la réglementation

La conformité aux normes et réglementations en vigueur est un facteur déterminant de la réussite d’un projet d’automatisation. Elle comprend notamment :

  1. Normes harmonisées:
    • S’assurer que tous les composants et systèmes répondent aux exigences des normes harmonisées.
    • Appliquer les standards internationaux afin de garantir la compatibilité et la sécurité des systèmes.
  2. Directive Machines 2006/42/CE:
    • Respecter les exigences de la Directive Machines, qui définit les exigences minimales de sécurité applicables aux machines.
    • Veiller à ce que toutes les machines et tous les équipements soient conformes aux exigences de la Directive avant leur mise sur le marché.
Analyse des risques selon NF EN ISO 12100

L’analyse des risques est un élément indispensable de la phase d’avant-projet, car elle permet d’identifier et d’évaluer les dangers potentiels. Ce processus comprend :

  1. Identification des dangers:
    • Analyser chaque étape du processus de production afin d’identifier les dangers potentiels.
    • Prendre en compte toutes les sources de danger possibles, notamment mécaniques, électriques, thermiques et chimiques.
  2. Évaluation des risques:
    • Déterminer la probabilité de survenue des dangers ainsi que leurs conséquences potentielles.
    • Classer les risques selon leur importance et la nécessité de mettre en place des actions.
  3. Élaboration d’une stratégie de gestion des risques:
    • Définir et mettre en œuvre des mesures de réduction des risques, telles que des protections supplémentaires, des procédures d’urgence et la formation du personnel.
    • Réaliser des revues régulières et des mises à jour de l’analyse des risques afin de tenir compte des évolutions des procédés de production et des technologies.

Grâce à une planification rigoureuse et à une analyse approfondie, la phase d’avant-projet constitue une base solide pour les étapes suivantes de l’automatisation des procédés de production, en réduisant les risques et en maximisant l’efficacité et la sécurité.

6. Automatisation des procédés de production : conception de machines et intégration des systèmes

Le processus de conception de machines couvre de nombreux aspects techniques essentiels à la création d’un système de production efficace et sûr. Dans ce cadre, différentes analyses sont menées et des technologies avancées sont mises en œuvre afin de garantir que les machines conçues fonctionneront conformément aux exigences et aux spécifications.

Calculs de résistance par éléments finis et analyses structurelles

Les calculs de résistance par éléments finis et les analyses structurelles sont des composantes indispensables du processus de conception des machines. Ils permettent notamment de :

  1. Simulations de charges:
    • Réaliser des simulations de charges statiques et dynamiques afin d’évaluer la réaction de la machine dans différentes conditions de fonctionnement.
    • Analyser les contraintes, les déformations et les points potentiels de défaillance de la structure de la machine.
  2. Optimisation des matériaux:
    • Sélectionner des matériaux de construction adaptés, garantissant la résistance et la durabilité de la machine.
    • Réduire la masse de la machine sans compromettre sa sécurité ni sa fonctionnalité.
  3. Vérification de la conformité aux normes:
    • S’assurer que le projet respecte l’ensemble des normes et réglementations applicables en matière de résistance et de sécurité des structures.
Programmation PLC et intégration avec les systèmes SCADA

La programmation PLC (Programmable Logic Controller) ainsi que l’intégration avec les systèmes SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) sont des éléments techniques clés qui permettent une gestion efficace des procédés de production. Ce processus comprend :

  1. Conception des systèmes de commande:
    • Créer les schémas électriques et logiques des systèmes de commande.
    • Programmer les automates PLC pour piloter les opérations des machines en temps réel.
  2. Intégration des systèmes SCADA:
    • Mettre en œuvre des systèmes SCADA pour superviser et piloter les procédés de production.
    • Intégrer les systèmes SCADA aux PLC, ce qui permet de collecter, d’analyser et de visualiser les données de production.
  3. Essais et validation:
    • Réaliser des essais des systèmes de commande et de supervision afin d’en garantir la fiabilité et la précision.
    • Valider les logiciels et les équipements pour s’assurer qu’ils fonctionnent conformément aux hypothèses de conception.
Élaboration de la documentation technique

L’élaboration de la documentation technique constitue une étape clé du processus de conception des machines. Cette documentation comprend :

  1. Spécifications techniques:
    • Des descriptions détaillées de tous les composants et systèmes de la machine.
    • Les instructions de montage, de mise en service et de maintenance.
  2. Schémas et plans techniques:
    • Des schémas complets électriques, hydrauliques et pneumatiques.
    • Des plans CAD présentant la conception de la machine.
  3. Instructions d’utilisation et de sécurité:
    • Des guides destinés aux opérateurs et au personnel technique.
    • Les procédures de sécurité et les protocoles d’urgence.

7. Automatisation des processus de production : analyses avancées dans le processus de conception

Lors de la conception de machines, une série d’analyses avancées est réalisée afin de garantir l’optimisation et la sécurité des systèmes. Ces analyses permettent d’identifier les problèmes potentiels à un stade précoce et de mettre en œuvre les mesures correctives appropriées.

FMEA Design : analyse des défauts et de leurs effets dans la conception

FMEA Design (Failure Mode and Effects Analysis) est une méthode d’analyse qui permet d’identifier les défauts potentiels dans la conception d’une machine et d’évaluer leur impact sur le fonctionnement du système. Ce processus comprend :

  1. Identification des défauts potentiels:
    • Analyse des composants et des systèmes afin de repérer les points de défaillance possibles.
    • Établissement d’une liste des défauts potentiels sur la base de l’expérience et des données historiques.
  2. Évaluation des risques:
    • Évaluation de la probabilité d’apparition de chaque défaut ainsi que de son impact potentiel sur le fonctionnement de la machine.
    • Classification des défauts selon leur criticité.
  3. Planification des actions correctives:
    • Élaboration de stratégies de réduction des risques, telles que des modifications de conception, des essais complémentaires ou l’ajout de dispositifs de protection.
    • Suivi et documentation des résultats des actions mises en œuvre.
FMEA Process : analyse des défauts et de leurs effets dans le processus

FMEA Process est similaire à la FMEA Design, mais se concentre sur l’analyse des processus de production. Elle comprend :

  1. Analyse du processus de production:
    • Identification des étapes clés du processus de production susceptibles d’être exposées à des défaillances.
    • Évaluation de l’impact des défauts potentiels du processus sur la qualité et l’efficacité de la production.
  2. Évaluation des risques du processus:
    • Analyse de la probabilité d’apparition des défauts dans le processus de production et de leurs conséquences.
    • Hiérarchisation des risques et planification des actions préventives.
  3. Mise en œuvre et suivi:
    • Déploiement des mesures correctives dans le processus de production.
    • Suivi régulier et examen de l’efficacité des changements introduits.
Design for Assembly et Design for Manufacturing

Design for Assembly (DfA) et Design for Manufacturing (DfM) sont des stratégies d’optimisation de la conception visant à faciliter l’assemblage et la fabrication. Cela comprend :

  1. Optimisation de l’assemblage:
    • Conception des composants de manière à faciliter leur assemblage, en réduisant le temps et les coûts liés à la production.
    • Simplification de la conception, réduction du nombre de pièces et amélioration de l’accès aux éléments clés.
  2. Optimisation de la production:
    • Choix de matériaux et de technologies de fabrication qui augmentent l’efficacité et réduisent les coûts.
    • Conception pensée pour faciliter la fabrication, avec une réduction des opérations de production complexes.
Évaluation des risques conforme à NF EN ISO 12100

L’évaluation des risques conforme à NF EN ISO 12100 est un élément essentiel de la conception des machines, car elle permet d’identifier et de réduire les risques à chaque étape du processus de conception. Elle comprend :

  1. Identification des dangers:
    • Analyse de chaque étape du processus de production afin d’identifier les dangers potentiels.
    • Prise en compte de toutes les sources de danger possibles, notamment mécaniques, électriques, thermiques et chimiques.
  2. Évaluation des risques:
    • Détermination de la probabilité d’apparition des dangers ainsi que de leurs conséquences potentielles.
    • Classification des risques en fonction de leur importance et de la nécessité d’agir.
  3. Élaboration d’une stratégie de gestion des risques:
    • Définition et mise en œuvre de mesures de réduction des risques, telles que des protections supplémentaires, des procédures d’urgence et la formation du personnel.
    • Révisions et mises à jour régulières de l’analyse des risques afin de prendre en compte les évolutions des processus de production et des technologies.

Les analyses avancées menées pendant la phase de conception sont indispensables pour garantir que les machines développées seront non seulement performantes, mais aussi sûres et conformes aux normes en vigueur. Elles permettent d’identifier et d’éliminer les problèmes potentiels à un stade précoce, ce qui contribue à la réussite de l’ensemble du projet d’automatisation.

8. Construction et essais des prototypes

Une fois la phase de conception achevée, vient l’étape de fabrication des prototypes et de leurs essais. Ce processus est essentiel, car il permet de vérifier en conditions réelles les hypothèses théoriques et de détecter rapidement d’éventuels problèmes. À ce stade, un audit de sécurité est réalisé, ainsi que des essais tels que le FAT (Factory Acceptance Test) et le SAT (Site Acceptance Test).

Audit de sécurité

L’audit de sécurité constitue la première étape des essais sur prototype. Son objectif est de s’assurer que tous les composants de la machine ainsi que les processus d’exploitation répondent aux exigences de sécurité et aux normes industrielles. Cet audit permet d’identifier et d’éliminer les dangers potentiels avant de passer à des essais fonctionnels plus avancés.

FAT (Factory Acceptance Test)

Le Factory Acceptance Test est réalisé dans l’usine du fabricant et vise à vérifier que le prototype satisfait à l’ensemble des exigences de la spécification technique et des hypothèses de conception. Le test FAT comprend plusieurs étapes clés :

  1. Revue de la documentation : avant le démarrage des essais, l’équipe projet examine en détail l’ensemble de la documentation technique afin de s’assurer que tous les composants ont été installés conformément au projet.
  2. Essais fonctionnels : réalisation d’essais fonctionnels pour vérifier que le prototype fonctionne conformément aux exigences. Ces essais peuvent inclure la simulation de conditions normales de fonctionnement ainsi que des essais en charge.
  3. Essais de sécurité : vérification du bon fonctionnement de tous les systèmes de sécurité, y compris les dispositifs d’arrêt d’urgence, les interverrouillages et les protecteurs.
  4. Compte rendu des résultats : tous les résultats des essais sont documentés et comparés aux hypothèses de conception. Tout écart est analysé et, si nécessaire, le prototype est modifié.
SAT (Site Acceptance Test)

À l’issue des essais FAT, le prototype est transporté vers son site d’exploitation, où est réalisé le Site Acceptance Test. Le test SAT a pour objectif de vérifier que le système fonctionne correctement dans des conditions réelles de production. Il comprend :

  1. Installation sur site : l’équipe d’ingénieurs installe le prototype sur site en l’intégrant à l’infrastructure de production existante.
  2. Essais fonctionnels : comme pour le FAT, des essais fonctionnels sont réalisés, mais cette fois dans l’environnement réel d’exploitation. Cela inclut la vérification de toutes les fonctions de la machine dans le contexte de l’ensemble du processus de production.
  3. Essais de performance : contrôle des performances de la machine dans des conditions réelles de production, y compris des essais à pleine charge et sur une période d’utilisation prolongée.
  4. Essais de conformité : vérification que le prototype respecte toutes les réglementations et normes locales, qui peuvent différer de celles appliquées dans l’usine du fabricant.
  5. Formation du personnel : organisation de formations pour les opérateurs et le personnel technique afin de garantir que tous les utilisateurs sont correctement formés à l’exploitation du nouveau système.
Compte rendu et acceptation

Une fois les essais SAT terminés, l’ensemble des résultats est documenté et présenté au client. Si la machine répond à toutes les exigences et fonctionne conformément aux attentes, elle fait l’objet d’une acceptation formelle. Si des problèmes sont détectés, l’équipe d’ingénieurs apporte les corrections nécessaires et répète les essais jusqu’à obtention de la conformité avec les hypothèses de conception.

Le processus de fabrication et d’essais des prototypes est déterminant pour garantir que le produit final sera fiable, sûr et performant. Grâce à des essais FAT et SAT rigoureux, les entreprises peuvent avoir l’assurance que leur investissement dans l’automatisation apportera les bénéfices attendus.

9. Déploiement et maintenance de l’automatisation

Le déploiement des systèmes d’automatisation comprend l’installation et la mise en service, ainsi que la formation des employés à l’utilisation des nouveaux équipements. La notice d’utilisation est un document essentiel pour garantir une utilisation correcte et sûre des systèmes. Le maintien de l’efficacité de la production exige la mise en œuvre de stratégies telles que le TPM et le SMED.

10. Automatisation des processus de production : certification CE et conformité réglementaire

Pour qu’une machine puisse être utilisée légalement dans l’Union européenne, elle doit passer par le processus de certification CE. La conformité à la Directive Machines 2006/42/CE ainsi que l’obtention du marquage CE constituent des étapes essentielles de cette démarche. La délivrance de la déclaration CE de conformité confirme que la machine satisfait à l’ensemble des exigences légales.

L’avenir de l’automatisation des procédés de production

Le passage à l’Industrie 4.0 implique le déploiement de nouvelles technologies et de solutions innovantes qui renforcent encore l’efficacité et la performance de la production. La poursuite du développement et de l’optimisation des processus est essentielle pour préserver la compétitivité sur le marché.

L’automatisation des procédés de production est une démarche complexe, mais indispensable pour améliorer l’efficacité et la compétitivité des entreprises industrielles. Depuis l’analyse précise des besoins et des possibilités, en passant par l’élaboration des hypothèses de conception et les essais, jusqu’au déploiement et à la maintenance des systèmes d’automatisation, chaque phase exige une coopération étroite et un haut niveau d’expertise technique. Avec une approche adaptée et les bons partenaires, l’automatisation peut apporter des bénéfices significatifs, tant en matière de coûts que de qualité de production.

Automatisation des processus de production : par où commencer ?

Commencez par identifier les processus à automatiser et définir clairement les besoins et les objectifs. Évaluez ensuite s’il existe des solutions techniques susceptibles d’accélérer le déploiement et si le processus est actuellement exécuté manuellement.

On peut notamment automatiser les opérations de montage, le contrôle qualité, le transport et la logistique, l’usinage, les procédés chimiques ainsi que la manutention des matériaux. L’essentiel est d’adapter le périmètre de l’automatisation aux besoins réels et aux conditions du procédé.

D’un point de vue technologique, presque tous les aspects de la production peuvent être automatisés, mais cela ne sera pas toujours rentable. La décision doit résulter d’une analyse coûts-bénéfices et d’une évaluation de la faisabilité.

L’analyse de faisabilité comprend l’évaluation des possibilités techniques d’automatisation ainsi que l’estimation du budget. Sur cette base, les hypothèses de conception sont établies afin de structurer les exigences et d’orienter la suite des travaux.

Le poste d’essai permet de valider les concepts préliminaires et de vérifier le procédé en conditions réelles. Les essais permettent d’optimiser les hypothèses avant d’investir dans la machine ou la solution définitive.

Partager : LinkedIn Facebook